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Le combat des cheufs…

Éditorial Mars 2007


Mardi, 12 mars 2007. La tension est à son comble. Le stress est immense. On joue l'avenir de son parti, de son chef, du programme. Ce soir, c'est le combat des chefs. Depuis une vingtaine d'années, lors de la campagne électorale, une rencontre entre les principaux chefs de partis politiques est organisée et télédiffusée sur tous les réseaux francophones au pays. Une série de thèmes avec des temps pour la promotion de leurs idées puis un temps de discussion entre chaque participant, un temps de conclusion. Puis, on touche l'ensemble des thèmes, les chefs concluent. Les journalistes se rassemblent avec à leurs côtés les membres des partis politiques qui passent partout en clamant la victoire pour leur chef.

Ça me fait un peu rigoler. Pas trop quand même, mais assez. On dirait l'élection du président de la classe de cinquième année B de madame Beauregard. Il y a Ti-Jean qui a été le dernier président de classe. Il est fière parce qu'il a réussi à faire jouer la classe au ballon chasseur pendant tout le dernier printemps quand elle voulait jouer au soccer. Il ne s'entend plus avec personne mais clame à qui veut l'entendre qu'il a fait la meilleure job de président dans l'histoire des présidents de classe. Il y a Dédé. Lui, il en a connu quelques présidents de classe. Il est le plus fâché de toute la classe. Il rince régulièrement Ti-Jean mais il n'arrive jamais à dire ce qu'il ferait à la place de ce dernier. Il sourit comme s'il venait de se faire pogner les culottes baissées dans le garde mangé de grand-maman. Il y a enfin le grand Mario. Lui, on l'aime bien. Il est drôle mais dur à suivre. Il dégaine plus vite que son ombre et parle aussi vite que les chipmunks de Walt Disney. Parle tellement qu'on a de la misère à comprendre. On a à choisir un des trois.

Ça me fait rigoler aussi parce que la phrase qu'on entend le plus souvent de chacun des cheufs, c'est : celui qui le dis, c'est lui qui l'est. Pas dis comme ça, mais quasiment. La santé va mal. C'est la faute aux libéraux qui blâment les péquistes. Les adéquistes blâment les deux. Chacun a fait le meilleur coup dans l'histoire et les autres se sont gourés. Pareil en économie et dans les autres sphères. Enfin…

Ce qui me frappe, c'est que personne n'a parlé de social. Personne n'a parlé des sans abris, de la santé mentale, de pauvreté et autres phénomènes sociaux. L'action communautaire autonome est totalement absente des conversations. Ça n'existe pas. Le bilan de la santé, quelle que soit la note qu'on lui confère est bonifiée par l'action des nombreux groupes communautaires qui pallient aux manques du système à coût vraiment moindre. Le prochain gouvernement aura à trouver l'argent nécessaire pour couvrir l'ensemble des promesses faites durant la campagne. Voyant que le communautaire ne fait pas partie des plateformes d'aucun des principaux partis, peut-on y voir une façon de trouver cet argent? Il y a bien Québec Solidaire mais il est un nouveau parti et prendra probablement les quatre prochaines années pour s'organiser et se faire connaître. Le parti Vert n'a pas trop de chance parce que tous les partis ont leur programme et, il faut bien l'avouer, c'est le seul sujet qui fait une grande unanimité chez les québécois alors personne ne peut passer au côté de l'écologie. En résumé, les cheufs disent n'importe quoi pour gagner le pouvoir mais il est très difficile de savoir ce qui sera fait vraiment. On joue sur les cordes sensibles de l'un et de l'autre, on change d'opinion selon les tendances, on regarde les sondages et on se dit que si mon choix n'est pas le premier, je ne voterai pas. L'important, c'est de se rappeler qu'IL FAUT ALLER VOTER. ALLEZ VOTER! À chaque élection, je me fais un devoir de rappeler à chacun qu'il y a des milliers de gens qui meurent chaque année pour gagner le droit de vote. Puisque nous n'avons pas à mourir pour le gagner, allons donc l'utiliser et faire honneur à tous ceux qui sont morts pour le droit de vote. Merci à tous et bonne chance dans vos élection.



Vous pouvez me faire parvenir vos commentaires à:   a.martel@cjlrs.com


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