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L'été…

Éditorial Juillet 2005


C'est le temps des vacances…yeahhhh! Enfin. Elles sont bien méritées. Du moins, je pense. Avec mes collègues, je viens de finir le rapport annuel statistique. Je me répète à chaque année mais il me semble que c'est notre plus grosse année. Difficile aussi. Surtout à cause de la santé mentale. Je dis à qui veut bien l'entendre que ce travail est très difficile et ça a paru. Le départ de quelques collègues a déstabilisé l'équipe parce que nous devions couvrir le même travail avec deux personnes en moins. Mais je dois rendre hommage à mon équipe, elle s'en est bien sortie. D'ailleurs, si cela vous intéresse, vous pourrez aller voir les détails statistiques 2004-2005 en cliquant sur les icônes qui vous intéressent.

Revenons à la situation de la santé mentale des collègues. Cette année, lors de mes supervisions, j'ai rencontré beaucoup de jeunes travailleurs épuisés. Et ce malgré leur récente entrée dans le domaine. Plusieurs congés maladie pour épuisement, plusieurs départ pour les mêmes raisons et je dois avouer que ça m'inquiète beaucoup. Pas seulement en Montérégie. Centre du Québec. François, travailleur de rue depuis sept ans : un an arrêté pour épuisement professionnel. Montréal. France : travailleure de rue depuis 10 ans. Elle a trouvé le corps sans vie de quelqu'un qu'elle côtoyait au travail. Bonsoir, elle est partie. De plus, elle mène un combat afin de se faire reconnaître par la CSST. On lui dit que ce sont les risques du métier. PARDON? Dans quel livre est-il écrit que les travailleurs de rue trouveront des personnes décédées dans le cadre de leur travail? Et que c'est normal et qu'ils doivent être prêts à ça? On ne doit pas aller dans les mêmes bibliothèques. Quand ça arrive aux policiers, par exemple, n'ont-ils pas droit à divers services? Sinon, faudrait y penser…enfin Ce phénomène est-il unique au travail de rue? Je ne pense pas. Dans mon quotidien, je rencontre beaucoup de coordonnateurs qui sont préoccupés par le même état de faits. On donne même des formations afin de voir comment bonifier les conditions de travail et prendre soin de nos gens qui travaillent sur le terrain. Il faut donc y penser. Mais je reviens au travail de rue. Il me semble qu'il y a quand même certains services offerts, du moins, en Montérégie. Les superviseurs sont disponibles, le Regroupement des Travailleures et Travailleurs de Proximité offre, par le biais de rencontres et autres services, un certain soutien. Je pense que dans l'ensemble du Québec, il faudra un temps de réflexion afin de prendre conscience de la situation réelle et de voir comment la corriger et tout cela dans les conditions politiques et économiques dans lesquels nous vivons. Enfin…c'est le temps des vacances, est-ce que je vous l'ai dit? Cette année, je ferai certainement un petit voyage à l'étranger. J'irai voir ma nièce à Toronto et m'épivarder sur les plages chaudes du Nouveau-Brunswick…à moins que je ne reste chez moi à me reposer et légumiser dans mon divan ( quelle expression quand même…). Je vous souhaite donc un été plein de rebondissements agréables, de repos, de soleil, d'amour aussi, pourquoi pas? Et peut-être qu'au mois d'août, on pourra continuer cette réflexion sur le burn out collectif de la communauté sociale. Ou on parlera de nos vacances trippantes. Bon été à chacun de vous.

Merci de me lire. Vous pouvez me faire parvenir vos commentaires à:   a.martel@cjlrs.com


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