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Plus catholique que le Pape???

Éditorial Janvier 2007


O.K. Je vous le dis franchement, les accommodements raisonnables, plus capable. Peut-être les médias ont-ils le tour d'aller montrer ceux qui n'ont pas vraiment de sens? Peut-être que l'âge me rend un peu plus intolérant? Mais non! Pas du tout! J'ai la même réaction depuis que je me souviens d'être au monde. Quand on me fait sentir qu'on veut m'effacer de l'entourage, que ce que je suis ne compte pas, je réagi comme ça. Je m'excite et je monte aux barricades. Qu'est-ce que vous voulez, comme disait le grand Yvon Deschamps, l'in-to-lé-ran-ce, je ne tolère pas ça. Je ne nous comprends pas. Qu'est-ce qui fait que les québécois ne semble pas en mesure de défendre leurs valeurs à ce point? A-t-on un si grand besoin d'être aimés par tout le monde? Sans exception?

Il y a de ça des années, j'avais décidé de monter un atelier sur le racisme. Je ne voulais pas que ce soit typique comme quelqu'un issu de la communauté haïtienne ou jamaïcaine, ou encore la personne homosexuelle. Je voulais que ce soit quelqu'un qu'on ne soupçonnerait pas au départ, quelqu'un ou quelque chose qui nous toucherait sans qu'on s'y attende. C'est alors que par un concours de circonstance, j'ai eu connaissance qu'il y avait un musée commémoratif de l'Holocauste. Je me suis dit qu'une personne blanche, qui a l'air de chacun de nous pourrait être intéressante. J'ai rencontré une femme merveilleuse s'appelant madame Trisha Starker. Je n'ai plus de nouvelles depuis longtemps, je ne sais pas si elle est toujours parmi nous. Je la salue. Si elle n'est plus là, que son âme soit en paix. Cette femme est juive. Elle a vécu les camps de concentration en 1945. Elle m'a invité à voir le musée. J'y suis allé. Elle m'a expliqué que le musée était monté de façon à montrer aux visiteurs que les juifs avaient une vie, des valeurs, des principes avant la montée du nazisme. Les préjugés prenant forme de loi ont réussi à faire les dégâts, dans la communauté, qui ont menés à holocauste.

Elle m'a expliqué qu'il est normal d'avoir des préjugés, des malaises face à certaines personnes, voire même face à certaines communautés entières. Quand ces malaises ou préjugés prennent force de loi, c'est là que les problèmes commencent. Dans l'atelier qu'elle a si gentiment accepté d'animer, sa première question a été : quels sont vos préjugés? Les participants variaient entre 16 et 35 ans. Personne n'osait répondre, de peur d'être jugés probablement. Alors, madame Starker a raconté qu'elle avait de gros préjugés sur les blondes. On a bien rigolé parce qu'elle était assez blonde elle-même. Elle s'est mise à parler des blondes comme on en parle dans un paquet d'histoires de blondes. Je soupçonne d'ailleurs qu'elle ait utilisé sa propre couleur de cheveux pour nous confondre un peu. Les gens se sont mis à parler de plein de choses qui leur étaient arrivées. Et là, les noirs, les arabes, les femmes, les hommes, chaque catégorie y est passée. On s'est laissé allés. On a ri et on a pleuré aussi. Finalement, l'animatrice a mentionné que ce que nous avions nommé avec tant d'entrain était correct. Qu'il fallait en parler pour réaliser que chacun de nous est enclin, à prime abord, à des préjugés, à des réticences. Ils viennent d'une combinaison de trois aspects de la vie soit la culture, l'éducation et les expériences. En parlant de nos préjugés, nous savons d'où ils viennent et on peut les remettre dans les cases appropriées. Ce qui est important, c'est que nos préjugés ne deviennent pas des manières de faire courantes, des lois comme en Allemagne dans les années 30. Elle m'a beaucoup ému, cette dame Starker. Elle a influencé ma façon de travailler avec les gens et ma manière d'expliquer les choses. Ce qui me fait revenir à ce qui se passe avec les accommodements raisonnables et les sondages sur comment on n'est pas du bon monde. Si on me demande dans un sondage, si j'ai des préjugés, si je suis mal à l'aise avec certaines communautés, si je préférerais ne pas avoir de contact avec certaines communautés etc. Je répondrais probablement oui. Par contre, si on me demande si des actions concrètes devraient être prises par la société ou la communauté afin de répondre à mes malaises, mes préjugés? Je dirais non. Je voudrais seulement qu'on n'oublie pas que je suis aussi un être qui est couvert par la charte des droits et libertés. Je voudrais qu'on se rappelle que la liberté de l'un commence où celle de l'autre fini. Merci de me lire. Merci de me publier.



Vous pouvez me faire parvenir vos commentaires à:   a.martel@cjlrs.com


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